voie verte de la ligne Caen Flers 4

les derniers jours d'une gare

D’un point de vue militaire, l’utilisation des bombardiers pour détruire le réseau ferroviaire français et les voies de communication a été déterminante car elle empêcha ou retarda l’acheminement sur le champ de bataille de Normandie d’unités de renfort allemandes. Sans elle, le débarquement et la bataille de Normandie auraient probablement été beaucoup plus coûteux et plus longs.....

Voici le récit de la situation en gare de Domfront  que l'auteur commente avec précision.

 

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Le dimanche 16 avril 1944, un avertissement fut radiodiffusé par le service français de la BBC,

« Tous les points vitaux des chemins de fer en Belgique et en France vont être soumis à de lourdes attaques aériennes au cours des semaines qui suivront. Éloignez-vous du voisinage de ces objectifs ».

Pour les stratèges alliés, la cité médiévale de Domfront ne pouvait pas échapper à ce pilonnage des bombardiers. Carrefour important pour le mouvement des troupes ennemies et de son matériel, la ville se situe en effet sur un axe stratégique de la ligne de chemin de fer Caen-Laval permettant des correspondances  vers  Alençon.

Il était donc impératif, pour la bonne marche des opérations, de détruire ce centre ferroviaire.

C’est ainsi qu’à partir du 28 mai 1944 et tout au long du mois de juin, les chasseurs-bombardiers Republic P-47 Thunderbolt, les bombardiers légers Douglas A-20 Havoc et les bombardiers moyens Martin B-26 Marauder appartenant à la 9th Air Force américaine commandée par le Lieutenant General Lewis Hyde Brereton furent lancés sur Domfront, pulvérisant la gare et le quartier l’avoisinant.

La gare disparaissait dans un formidable rideau de fumées jaunâtres, traversées d’éclairs  et de flamme.

Le 30 mai, les coupures faites à la ligne de Laval à Caen et de Domfront à Alençon ayant été réparées, les trains recommencèrent à circuler. Le 2 juin au matin, l’un d’eux entra en gare de Domfront au ralenti avec foule aux portières pour voir les effets du bombardement du dimanche précédent. Et en fin de journée, tandis que des enfants jouaient sur la place de la gare, les adultes vaquaient à leurs occupations, comme à l’ordinaire.

Ordre était donné de bombarder une nouvelle fois les installations ferroviaires, en visant non seulement les voies de chemins de fer, mais d’abord et avant tout le matériel roulant, les voies de garage, le triage, les bâtiments pouvant servir d’atelier de réparation, les systèmes d’aiguillage et les aiguilles elles-mêmes. Tout ce qui, en définitive, demandait du temps pour être réparé et paralysait pour une plus longue durée le trafic.

le 2 juin, nouvelle attaque, les dégâts matériels furent également considérables. Les voies ferrées furent coupées entre la maison du garde-barrière de la route de Mortain et le dépôt de locomotives. Plusieurs wagons de marchandises, atteints par des bombes incendiaires, brûlèrent comme des torches.

La nuit du 5 au 6 juin fut très agitée pour les Domfrontais. Au bruit incessant des avions alliés, dont certains rasaient les toits des habitations, s᾽ajoutèrent de violents mitraillages.

À 8 heures 30, deux locomotives furent mitraillées à la gare, laquelle fit à nouveau l’objet d’un sérieux bombardement – le quatrième – vers 13 heures, durant 20 minutes. Le Quartier Notre-Dame ayant été évacué, il ne provoqua aucune victime mais laboura à nouveau les voies ferrées et transforma en torches des wagons de farine.

le temps de la reconstruction

Après la libération, le temps de la reconstruction.

La majorité des ouvrages d'art sont abimés voir pour certains totalement détruits.

Les gares principales et leur faisceau de voies sont anéanties.

Les alliés mettront en place des pont en bois provisoire et soutiendront l'effort pour rétablir le Caen-Laval.

Les années à venir seront difficile, mais le chemin de fer retrouvé, la reconstruction prend son essor.

touche pas à ma ligne !

Bon alors, tu veux toujours la casser ma ligne après tout cela.

Si tu es un politique à la mode Vichy, ça m'étonne pas.

Tiens voilà ce que je pense de ces conneries...

Le mot de la fin  de François Morel

Papa travaillait  à la SNCF. Ma grand mère était garde barrière. le dimanche, en fin de repas , mon père adepte des tunnels et des ponts , parlait fort pour expliquer qu'il fallait supprimer tous les passages à niveau. Chacun traite son œdipe comme il peut...

Mon enfance est traversée par des trains  de voyageurs et des trains de marchandises, par des autorails et des michelines. Tous les ans, pendants les grandes vacances, mémère nous emmenait faire un pique nique à Laval. Chacun a l'exotisme qu'il peut.

Je me souviens  encore de la première impression d’émerveillement, de vertige, quand  partant de la gare de Flers, j'ai vu le paysage défiler à travers les vitres du train tandis que j'étais  installé dans un compartiment à coté de mes parents. C'était donc sur la ligne Caen-Laval, plus campagnarde, plus rurale que la ligne Paris-Granville qui me permit plus tard d'accompagner  mon père qui aimait visiter le salon de l'auto. Papa regardait les grosses berlines  avec téléviseur et téléphone intégrés tandis que les vaches regardaient passer les trains. La modernité n'était pas pour tout le monde.

A cette époque, la modernité justement ne passait pas par les lignes de chemin de fer. L'essence était bon marché, les puits de pétrole coulait à flots. Les petites lignes de chemin de fer étaient jugées dépassées, désuètes, passées de mode .


Chaque fois que nous suivons un camion sur la route, chaque fois que nous peinons à le doubler, ayons une pensée pour  tous ces technocrates, tous ces politiciens qui eurent le nez si fin en détruisant le réseau ferroviaire.....

Expression du cynisme ou d'un remord, la ligne Caen-Laval est devenue une promenade pour les marcheurs et les cyclistes.


Tu vois papa, on a fini par te donner raison. Au delà de tes espérances. On a supprimé les passages à niveau mais aussi le ballast, les traverses et les voies ferrées. Mémère est au ciel, toi tu es au cimetière. C'est toi que j'irai rejoindre un jour.. Si le cœur nous en dit, on refera dans nos têtes, à la vitesse des trains d'autrefois, le parcours tranquille ou agité, mélancolique ou joyeux, qui de gare en gare, va jusqu'au terminus, quand tout le monde descend.  


François Morel

Humoriste et comédien; enfant de la ligne.

Création gratuite et facile

Je crée mon site Internet

après la guerre...

Tu vois gamin,  après la guerre, il y eu les trente glorieuses....si tu veux je te raconterai le chemin de fer  à pépé.

l'histoire de la ligne en 6 chapitres

Caen-Flers chapitre 1 : www.voievertedelalignecaen.sitew.fr

Caen-Flers chapitre 2 : www.thuryharcourt.sitew.fr

Caen-Flers chapitre 3 : www.berjou.sitew.fr

Caen-Flers chapitre 4 : www.voie-verte-de-la-ligne.sitew.fr

Caen-Flers chapitre 5 : www.lignecaenflers.sitew.fr

Caen-Flers chapitre 6 : www.voievertedelalignecaen.sitew.org