voie verte de la ligne Caen Flers 4

les années noires

Le 22 juin 1940, le gouvernement Pétain signe l'armistice.

Dès lors  la France est coupée en deux zones, la zone occupée et la zone libre.

La ligne Caen-Laval est dans la zone occupée qui est sous le contrôle de l'armée Allemande.

Le trafic ferroviaire reprend timidement avec un seul aller/retour assuré par un train mixte voyageurs/marchandises .

Le manque de carburant supprime tous services par autorail.

La SNCF manque cruellement de charbon et d'huile pour ses machines l'obligeant à limiter son nombre de trains.

En ce début d'année 1941, il n'est pas rare qu'un train soit supprimé.

Le chemin de fer devient  le principal moyen de transport pour la population qui manque dans les villes de nourriture.

Dans ce contexte, ce transport prend une part active dans  la gestion du marché noir.

Il n'est pas rare que des contrôles conduisent à des arrestations dans les grandes gares de Caen et Laval.

Le manque de trains complique sérieusement tous déplacements.

Les services de la préfecture sous les ordres du gouvernement de Pétain et indirectement de l'occupant se plaignent de la complaisance et de la complicité des cheminots à l'égard des trafiquants du marché noir.

Au printemps 1941, le train blindé d'Hermann Goering stationne sous le tunnel des gouttes interdisant la circulation ferroviaire entre Clécy et Berjou.

Le périmètre est extrêmement protégé, toutes personnes rentrant dans la zone risquant sa vie.

Il faudra attendre août 1941 pour que le trafic s'établisse à deux allers/retours.

Fin 1942, le prix des billets augmente cruellement et les sabotages compliquent la mise en mouvement des convois.

Des agents de la voie coupent les câbles pour limiter les communications, ceux qui seront arrêtés seront fusillés.

En 1943, bombardement et mitraillage des trains conduisent à endommager de nombreuses locomotives et équipements.

Les cheminots qui évoluent dans un environnement  à risque seront les premiers à payer de leur vie ces attaques.

L'occupant sollicite de plus en plus la SNCF pour ses propres besoins.

Les convois Allemand étant prioritaires, il n'est pas rare que les trains civils soient retardés voir annulés.

Fin 1943, le charbon est réservé en priorité aux trains du 3eme Reich.

Le 15 novembre 1943, le train Caen-Laval est supprimé.

Au début de l'année 1944, les tarifs des billets flambent et les trains deviennent très rares et incertains.

En mai 1944, il devient extrêmement risqué de s'aventurer dans un des rares trains.

Des petites plaques de cheminots morts par faits de guerre sont fixés dans les murs de nos petites gares.....afin de ne pas oublier l'engagement et le lourd tribu payé par les hommes du chemin de fer.

au nom des camarades

Pour lutter contre la propagande allemande et vichyste, les résistants éditèrent avec des moyens souvent dérisoires des journaux clandestins diffusés dans des conditions très risquées.

de 1941 à 1944 : 4208 sabotages par explosifs, 1392 déraillements, 1812 sabotages.
de 1942 à 1944 : 2709 locomotives, 1721 voitures, 10591 wagons détruits.
Durant ces années sombres, des millions de renseignements furent communiqués à Londres, des centaines de convois militaires allemands retardés, des dizaines de milliers de soldats paralysés, des centaines de chars, des millions de litres d'essence, des centaines de tonnes d'approvisionnements bloqués et offerts aux coups destructeurs de la R.A.F.
Les cheminots ont lourdement payé ces efforts pour la libération de notre pays. De 1941 à 1944, parmi les milliers d'entre eux arrêtés, 807 furent fusillés et 1157 moururent en déportation.
A cette époque la résistance était autant communiste que Gauliste, de quoi s'y perdre dans les discours !

les sanglots longs des violons .......

Le débarquement  attendu est enfin annoncé.

La ligne sous le feu des bombardiers depuis quelques mois va essuyer un déluge de bombes.

Les photos du dépôt de Caen et des quais de la gare en disent  long sous l'état des infrastructures.

Pourtant dans cet amas de ferraille, la gare de Caen est encore là.....

Sous le tunnel des gouttes

La population dans les villes souffre des bombardements et cherche refuges.

Sur les traces de l'histoire de cette sombre époque, Maurice Chauffray s'est réfugié sous le tunnel des gouttes  avec sa famille en compagnie de 1200 civils.



Béret sur la tête, bottes au pied et canne en main, Maurice Chauffray longe la voie ferrée, celle qui mène au tunnel ferroviaire des Gouttes. 69 années se sont écoulées mais ses souvenirs n'ont pas pris une ride. Les traverses de chemin de fer glissantes défilent sous ses pieds, mais l'homme est vif et agile. Sa canne se cramponne à lui et se faufile entre les pièges de la nature.

Maurice s'apprête à pénétrer sous le tunnel. Il fait noir et ça sent l'humidité. L'eau s'infiltre et ruisselle sur les parois. Le bruit d'un goutte-à-goutte résonne dans la grosse artère. Il stoppe la cadence et lève la tête. Il regarde à droite, à gauche, Maurice compare la taille des deux ronds lumineux que dessine chaque embouchure, afin de savoir où il est situé.

« La guerre n'était pas finie »

« Entre 10 et 15 jours... » Maurice, bientôt 88 ans, ne se souvient pas combien de temps il a passé avec sa famille et 1 200 réfugiés dans le tunnel, à Berjou, pour échapper aux bombardements. « Le 6 juin 1944, les alliés avaient débarqué sur nos côtes, mais la guerre n'était pas finie », se remémore Maurice.

Il habitait avec sa mère, son frère et sa sœur, dans une ferme de la commune occupée par les Allemands. Un matin, alors que Maurice traverse son champ, il ramasse une feuille de papier. Partez sur le champ ! Vous n'avez pas une minute à perdre ! « C'est à ce moment-là que j'ai eu peur », se souvient Maurice. Ces tracts, largués par les avions alliés, étaient censés atterrir sur la commune de Condé-sur-Noireau située à environ 6 km. « J'ai été le premier à en trouver un ». Les Condéens, eux, n'ont pu être prévenus à temps. 252 d'entre eux sont morts.

« Il fallait rester prudents »

Les habitants du village et des alentours se sont mis à l'abri sous le tunnel, le trafic ferroviaire y étant interrompu. « On avait le nécessaire. L'eau potable ruisselait et nous avions emmené de la nourriture. Des couvertures au sol, pour dormir et ça nous suffisait. On ne faisait rien. De temps en temps on sortait voir le jour mais il fallait rester prudents. Une messe a même été dite. »

« Ils ont miné le tunnel ! »

Un matin, ils ont aperçu les Allemands à l'entrée du tunnel. « Je les vois encore, en haut de l'échelle. Ils creusaient des trous dans les murs à chaque embouchure, pour poser des mines. Ça a failli être un Oradour-sur-Glane. Ils ont miné le tunnel ! » Parmi les civils réfugiés, quelques résistants. « Si les Allemands avaient fouillé le tunnel, ils auraient trouvé un poste émetteur... Ils nous auraient tués», assure Maurice.

Le directeur de la fromagerie de Berjou parlait allemand. Réfugié avec les autres, il est allé voir le général allemand résidant au château de Cahan pour lui demander d'arrêter le minage. Ce dernier lui a répondu : « Si vous êtes tous civils, j'arrête les travaux. » Les réfugiés du tunnel ont ainsi eu la vie sauve. « Ah, le mensonge, une chance qu'il existe ! », sourit Maurice. « S'il avait parlé, on était fusillés... »

Berjou a été libérée le 15 août 1944. « On était heureux. Mon champ était rempli de véhicules anglais. Il y avait même des médecins. Ce qui m'a le plus surpris à la Libération, c'est de voir les gars de la Résistance sortir avec leur mitraillette sur le dos. Je me suis dit: mince, on a risqué gros ! »

 

Aucun train ne pouvait plus passer car les viaducs des Bordeaux et de la Lande étaient coupés.

Pour dormir des matelas sont disposés sur le voie.

Il y avait un wagon de marchandises provenant de la gare de la Lande qui avait été poussé jusqu'au tunnel pour dire la messe.

Le tunnel assurait un abri sûr même contre les grosses bombes au regard de sa profondeur.

Il y faisait froid aussi il fut crée des points de feu qui servaient aussi pour la cuisine.

Une infirmerie pour les malades voir pour les maternités, deux femmes y accouchèrent, un médecin, et un prête apportaient un réconfort.

 

Voici les dernières paroles de la rencontre avec le général Allemand :

 

 “Que voudriez-vous que l'on fasse pour vous remercier ?”

L'officier répondit : “Une prière à Dieu pour qu'il me protège comme j'ai protégé vos réfugiés.”

 “Demain matin, à la messe, nous prierons tous pour vous, et je vous invite même à venir prier avec nous.

– Je l'aurais fait volontiers, dit l'Allemand, mais nous devons partir à 7 heures.”

 

Le lendemain, bien avant 7 heures, tous les Allemands avaient décampé. Effectivement, le tunnel demeura neutre et une pancarte rédigée dans les deux langues avertit les Anglais qu'ils étaient en terrain “réservé aux réfugiés”.

l'épine dorsale

Au moment où débutent les opérations du débarquement, il y a dans le Calvados de 60 à 70 000 allemands auxquels il faut en ajouter 35 000 basés dans la Manche. Les premières divisions allemandes à rejoindre le front sont la 12. SS Panzer-Division Hitlerjugend basée autour de Lisieux qui rejoint dans la nuit du 6 au 7 juin (son PC sera pour un temps dans la forêt de Grimbosq) et la Panzer-Lehr basée pour partie dans l’Orne avec son PC à Nogent-le-Rotrou qui arrive le 8 juin. Nul doute que cette dernière traversera pour partie la Suisse normande pour rejoindre le secteur de Tillysur- Seulles. Cette région de la Suisse normande, vallonnée et boisée, était utilisée par les Allemands pour monter vers le côte : ils évitaient ainsi les grands axes Caen – Falaise et Caen – Flers qui étaient très dégagés et sous la surveillance constante de l’aviation alliée. cette zone de la Suisse normande sera au coeur du dispositif allemand avant de connaître à son tour le triste privilège d’être un champ de bataille.

après le déluge, la gare de Caen

Attaquée dès le 6 juin 1944, le 17 juillet, les alliés tiennent la gare de Caen.....

La gare sévèrement touchée reste debout.

Même après la libération de la ville, le 19 juillet, elle est encore bombardée mais cette fois par la Luftwaffe.

Dès la reprise en main par les alliés, le RTO ( railway transport opérations) gère la gare.

Cette tutelle durera jusqu'à la fin de l'été 1945.

Les ateliers, le dépôt de locomotives, les bâtiments de services, le triage, et les quais avec leur abris sont à reconstruire.

 

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Au sud de Caen, l'armée Allemande contourne la SMN

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