voie verte de la ligne Caen Flers 4

la voie sous le feu

La ligne a connu le déroulement de la seconde guerre mondiale.

L'activité des mines fut rapidement remise en fonctionnement comme l'ensemble des principaux services qui avaient été temporairement fermés à la suite de l'arrivée de l'occupant sur Caen le 18 juin 1940.

C'est en cette date que vers 6h du matin l'armée Allemande entre dans une ville déserte, Caen....

Le premier train au départ de Caen est rétabli le 12 juillet 1940.

Après la situation de guerre qui avait provoqué au printemps 1940 l'arrêt de tous trafics, le service ferroviaire reprend avec un aller/retour par jour.

Cette voie de chemin de fer très surveillée par les Allemands était considérée comme stratégique pour alimenter les hauts fourneaux.

La kommandantur établit sur Caen contrôle le dépôt de Caen et particulièrement la constitution des trains.

La résistance, dont les cheminots partisans de la première heure  ralentiront le transport pour l'occupant allant jusqu'au sabotage a permis de favoriser la désorganisation et fut un soutien indéniable aux alliés..

Pendant 4 ans, la vie s'organise plus ou moins bien en Suisse Normande.

Au matin du 5  juin 1944, elle est la seule ligne encore utilisable.

Dès lors, elle rentrera sous le feu.....

Le champ du laboureur dans le matin brumeux

Le 6 juin, la résistance rentre en action.

Suite à un code émis le 5 juin au soir, le maquis Saint Clair fait sauter la voie dans la nuit dans le secteur du passage à niveau de Grimbosq.

Pourvu d'armes et de musettes pleines de plastique et de détonnateurs, le groupe se dirige à bicyclette vers 22h30 vers une petite maison surplombant de quelques centaines de mètres la voie ferrée.

Après avoir traversé un champs qui descend vers  le chemin de fer, deux maquisards se placent en sentinelle à la courbe de la voie ferrée, pendant que deux autres posent les pans de plastic à la jonction des rails.

Quelques minutes plus tard, c'est l'explosion.

La voie fut détruite sur 50m et la communication téléphonique coupée.

 

Voici le récit de Robert Le Nevez qui participa à cette opération.

"Le dynamitage de la voie ferrée de la ligne Caen – Flers, cette action décisive, planifiée à Londres,  était destinée à perturber au maximum les défenses allemandes lors du Débarquement. La ligne, disposant du seul pont ferroviaire resté intact, était essentielle pour l’acheminement des renforts et des armements allemands vers les plages. Avec les camarades volontaires, il fallait quand même être gonflés !  Les boches étaient à trois cents mètres, on était masqués par le virage, on a vite descendu le ravin, collé le plastic aux rails , tout a sauté, on est remonté, on a filé à travers bois.

On est resté dans la forêt toute la journée. On entendait les cris des boches qui nous cherchaient. Quand on a dû sortir des bois, on n’était plus très bien caché par les haies, certains camarades se sont fait prendre, ils les ont exécutés sur place. Quand les boches sont partis, on a rigolé, on s’est mis à tirer dans les pommiers, on était quand même inconscients !"

Les cheminots

Le cheminot  ne mâchait pas ses mots, souvent considéré comme une grande gueule et c'est peu dire !

Pour autant, il avait un esprit de camaraderie comme on en rencontre peu aujourd'hui.

Sa solidarité dans l'action le conduisait  à participer activement et collectivement aux mouvements On connait sa détermination par les gréves...et bien sachez qu'elle était aussi forte dans bien d'autres domaines  quitte à risquer sa vie dans les sombres périodes.

C'était le monde du camarade, vision du communiste à la Française.

Alors s'il y avait besoin d'un petit coup de main, il y avait toujours un cheminot pour répondre favorablement.

En tout état de cause, ceux qui n'intégraient pas cette solidarité n'avait rien à faire dans ce petit monde du chemin de fer, ce n'était pas un cheminot et les camarades savaient lui faire sentir.

 

 

.

C'est mon train !

Nombre de cheminots furent fusillés  pour leur action de sabotage qui conduit à paralyser  le réseau de chemin de fer, ralentissant le transport  pour  le 3eme Reich.

Les cheminots de la ligne Caen-Flers ne firent pas exception et payèrent le prix de la libération.

Les ruines des gares du Caen-Laval ..........

Les gares de Caen, Thury-Harcourt, Flers, Domfront, Mayenne et Laval furent particulièrement pris sous le feu des bombardiers.

Les ponts sur l'orne étant des cibles prioritaires, la gare de Mutrécy et la Halte de Grimbosq proche des ponts du Coudray et de Brie ont aussi essuyé de forts bombardements.

Si la gare de Caen a pu miraculeusement garder sa structure , les gares de Mutrécy, Thury Harcourt , Domfront et Mayenne ainsi que la halte de Grimbosq furent totalement détruites.

Leur gare rasée, elles reçurent toutes les mêmes types de reconstruction des années 50.

La ressemblance entre ces gares est frappante, conforme toute à la même conception qui caractérise nombre de bâtiments de la reconstruction..

Les gares de Laval, Flers ,fortement endommagées étaient récupérables Leur structure  d'origine fut sauvegardée dans leur réfection..

La gare de Condé sur Noireau remaniée en profondeur en 1966, perdant ses deux ailes latérales est un cas particulier.

La résistance au dépôt SNCF de Caen

Dès 1940, les premiers cheminots de Caen rentre en résistance .

Dans le calvados, un réseau se structure en 1942.

Membre du parti communiste clandestin et de la cgt, un groupe de cheminots rejoint le front national résistance fer.

Ils acheminent, distribuent des tractes, journaux clandestins qu'ils transportent à fort risque dans les trains.

Ils déclenchent de fausses alertes aériennes .

Tout est bon pour ralentir le fonctionnement du trafic, les cheminots allant jusqu'à organiser un arrêt de travail le 30 novembre 1943 alors que la gréve est interdite par le régime de Pétain.

La solidarité a joué un rôle important pour mettre en œuvre le sabotage des trains.

Pendant qu'un cheminot surveillait la présence des Allemands, un second enlevé des pièces sur les locomotives.

Dans la nuit du 30 avril 1944, les cheminots allèrent jusqu'à oser  faire tomber une machine à vapeur dans la fosse de la rotonde.

Devant tous ces incidents, les Allemands aidé par des collaborateurs arrêtent des cheminots qui seront fusillés.

Au titre du plan vert, les cheminots de Caen participeront au prix de leur vie à ce plan qui consistait à désorganiser le transport afin de retarder l'acheminement des renforts de l'armée Allemande.

Ce mardi 6 juin 1944, il pleut dès le matin, un vrai temps de juin pour une guerre.

A 9h ceux qui peuvent se brancher sur la BBC  écoutent le communiqué du jour : "sous le commandement du général Eisenhower, les forces navales alliées appuyées par une aviation puissante ont commencé à débarquer les armées alliées sur les côtes nord de la France".

Pour les  cheminots, la nuit qui précède sera la plus longue de la guerre, il fallait paralyser le réseau ferrée.

Bombardements de la ligne Caen-Laval

La ligne Caen-Laval était un axe prioritaire qui subit de nombreux bombardements  dans les villes les plus importantes qui comportaient des nœuds ferroviaires .

Les bombardements qui avaient pour objectif de bloquer tous déplacements de l'armée Allemande prirent aussi pour cible les principales infrastructures de la ligne.

Toutefois, certains ponts restés debout  ont été coupés dans la débâcle par l'armée du 3eme Reich afin de retarder l'avance de l'armée alliée en vain, le niveau de l'orne étant à cette période de l'année faible, se trouvant facilement traversable dans certaines zones.

la mémoire de Popole Adam

Le ciel gronde dans le lointain, Popole Adam fait les cents pas, regarde sa montre, et puis dit à Jacques qui accoure sur le quai de la gare, il faut partir, la ligne va être bombardée.

Allons les gars, vous ne pourrez passer insiste André, le chef de gare.

C'est sans compter sur la tête de mule de Popole...je passerai, un point c'est tout.

Allez, donnes le départ, il est temps.

Mais que vois je, qu'est ce que fait dans le tender ce gamin.

Jacques, chasse le !

Non, non, emmenez moi, s'il vous plait, ma mère est à Caen.

Tu es fou gamin, c'est le dernier train et pas sur qu'il passe.

Le viaduc de la Lande va être bombardé, c'est risqué de rester.

S'il vous plait Monsieur.

Tu l'auras voulu, allez siffle chef de gare crie Popole, le mécanicien.

La 140c s’élance vers le viaduc, Jacques, notre chauffeur charge le foyer à grandes pelles, il faut faire vite.

Dans le ciel apparaît des bombardiers, Popole pousse notre machine à pleine vapeur, le temps se compte.

Le bombardement commence, un énorme écran de fumée envahi l'atmosphère.

Une arche du viaduc s'écroule, c'est l'enfer et pourtant notre train est passé juste avant.

Tu vois gamin, c'est pas un petit bombardement qui va arrêter mon train crie Popole.

C'est à Thury-Harcourt que notre train fut stoppé par les Allemands qui tenaient encore le secteur.

Cache toi gamin dans le charbon, voilà les boches.

Quatre Allemands son venus chercher le mécanicien Popole et son chauffeur Jacques.

Ma locomotive, qu'est ce qu'elle va devenir, foutez moi la paix...puis un bruit correspondant à un coup de feu et le silence...

70 ans se sont écoulés depuis, je garde l'image comme si c'était hier de Popole et Jacques, ces forts en gueule et têtes de mules au caractère entier  qui m'inspirent de la sympathie.

Comme dans les vieux films des années 50/60 , ils font parti d'une génération qui a fait la France .....

le viaduc de la Lande

Le viaduc de la Lande était un objectif prioritaire pour couper la ligne Caen-Laval.

Il fut visité journellement par les avions et bombardé jour et nuit pendant plusieurs semaines sans aucun résultat. Les bombes jetées dessus à profusion manquaient toujours l'objectif et tombaient dans la rivière ou sur les maisons voisines. Deux seulement l'atteignirent enfin et le sommet d'une arche s'effondra sur la route le 12 aout 1944.

objectif, les ponts sur l'orne

D'abord un objectif des allies qui voulaient retarder l'arrivée des troupes Allemande sur les côtes normande, puis celle des Allemands qui dans leur retraite cherchaient à arrêter l'avancée des alliées par tous les moyens, les ponts sur l'orne furent des objectifs prioritaires.

La priorité de couper le Pont du Coudray fut mis en avant dans la stratégie du débarquement en Normandie.

Il en était de même pour le pont de Saint André, Brie ainsi que celui de Thury Harcourt.

Les gares de Mutrécy, Grimbosq et Thury Harcourt  très proches de  ces objectifs ont été anéanties.

 

Nous sommes le 6 juin 1944, 5 heures du matin, le pont du coudray essuie son premier bombardement.

Une seule maison proche du pont est détruite mais l'objectif n'est pas atteint.

Le 8 juin, la gare de Mutrécy est anéantie mais le pont tient toujours malgré le bombardement intensif de 10 heures 30 ou les maisons les plus proches sont détruites.

Au même moment le viaduc de Pouquet est aussi bombardé sans plus de succès.

Les seuls dommages sont pour le château voisin du viaduc qui est détruit.

Le 15 juin, le pont est toujours debout.

Le 16 juin, les Allemands installent  2 batteries à mi crête de la route de Clinchamps et 2 autres sur la route d'Amayé pour protéger le pont.

Le 25 juin, un obus ébrèche une arche mais le pont est encore praticable

Le trafic continue au ralenti.

Les Allemands activent les réparation du pont qui redevient opérationnel le 28 juin.

Le 5 juillet, un bombardier fait enfin mouche et détruit une arche.

La halle à marchandise est touchée, elle brulera totalement.

Une réparation de fortune à partir de planche permet dès le lendemain de rétablir le pont.

Le 10 juillet, une attaque massive est lancée avec objectif  de le détruire impérativement.

Les batteries Allemandes défendront le pont mais l'attaque organisée atteindra son objectif , creusant d'énormes entonnoirs.

Si Caen est resté si difficile à prendre, il est certain que le pont du Coudray y joua un rôle important.

La difficulté pour l'atteindre avait conduit à la destruction de la gare, de la halle à marchandises et de infrastructure ferroviaire de la ligne Caen-Laval.

La voie de chemin de fer fut arrachée sur 400m et les bois environnants détruits, laissant l'apparence d'un paysage lunaire.

La gare de Thury Harcourt et la halte de Grimbosq subirent le même sort.

 

Le 13 aout, les alliés passaient l'orne à gué de Grimbosq, dans leur retraite les Allemands faisaient sauter tous les ponts de la ligne Caen-Flers.

Pour la bataille dans la forêt de Grimbosq, les Allemands s'étaient postés le long de la lisère Ouest de la Forêt en bordure de la voie ferrée entre la chapelle sainte anne et le hameau de Lasseray.

La 56eme division d'infanterie Britannique franchit l'orne au gué du Vey et au gué du moulin d'angers protégeant le génie qui reconstruisait le pont de brie.

Si le débarquement aurait pu faire penser que la ligne de chemin de fer serait utiliser par les alliés, aucun mouvements de troupes ne fut prévu dans leur progression sur celle reliant Caen à Flers, contrairement à ce que  pensaient les Allemands qui avaient miné tous les ponts restant en état.



Survivre ..........

Si le Calvados a connu des bombardements aériens

dès 1941, la fréquence des attaques aériennes augmente

au fil du temps pour atteindre son paroxysme au moment

du Débarquement.

On compte plus de 8  000 civils tués. L’âpreté des combats et leur durée,

la combinaison des attaques aériennes et des attaques au sol et l’étendue du

front expliquent l’importance du nombre des victimes.

Pris dans les combats durant plusieurs semaines, les Calvadosiens souffrent

de la faim, de la peur, du manque d’hygiène. Ils supportent les évacuations

d’urgence, la perte de leurs biens et surtout la disparition de proches. Le sort

catastrophique des populations civiles alimente la propagande allemande

qui cherche, sans y parvenir, à susciter l’hostilité des habitants vis-à-vis des

troupes alliées.

Les familles fuient les bombardements et les tirs d’artillerie. L’évacuation jette

sur les routes des milliers de gens vers les zones déjà libérées, vers la campagne.

Les carrières de Fleury-sur-Orne, ainsi que les mines de May-sur-Orne, servent de refuge pendant plusieurs semaines. Le cantonnement s’organise dans des conditions de vie épouvanble.

Dès le 19 juillet l'opération Atlantic canadienne libérant la rive sud de Caen complète l'avancée britannique de Goodwood à Colombelles. Les canadiens des Maisonneuve et Blackwatch libèrent d'abord le quartier Vaucelles et avancent sur Fleury.

Le régiment Maisonneuve dans Fleury est pris sous une pluie d'obus et mortiers qui tue ses premiers soldats. Les Allemands se replient sur Etavaux.

Dans les carrières de Fleury proche du pont de fer de l'ile enchantée les réfugiés de Caen et Fleury entassés dans les galeries souterraines sont libérés.

Parmi les prisonniers allemands de la Wehrmacht fait des soldats de l'Est, asiatiques et polonais qui disent avoir été contraints de se battre sous la menace d'officiers SS.

Un canon caché plus loin près de la mine de May sur Orne proche de la ligne Caen-Flers causera de lourdes pertes chez les canadiens avant d'être détruits par des chasseurs bombardiers typhons.

Après avoir été pris et repris sept fois May sur Orne fut libérée par les soldats canadiens. L'un d'eux le sergent Dugrenier raconta que :
« partout, ce n'était plus qu'un brasier. On avançait dans un véritable enfer. Ce fut l'une des plus dures batailles de Normandie ». En effet, le 10 août 1944, dans un ultime assaut, les soldats canadiens du régiment « Maisonneuve » enlevèrent la petite cité. Ce fut sans doute la libération la plus longue, car il a
fallu 16 jours aux troupes alliés pour faire un kilomètre. Le kilomètre qui séparait le ponts de Saint Martin de Fontenay du bourg de May sur Orne. 163 des 187 maisons de la commune furent rasées.Le 8 aout, vers 18 heures, May sur Orne tombe enfin entre les mains des alliés, les pauvres réfugiés vont pourvoir sortir des cavités dans lesquelles ils se sont réfugiés. Le plan de voies de la mine ainsi que ceux de la gare de Feuguerolles sont hors d'usage, nombres de wagons sont éventrés. Ce qui était le plus grand triage minier au abord de Caen n'est plus qu'un désolant cimetière de ferraille. Mais dans ce spectacle de désolation, ils avaient survécu.
Le 24 aout la bataille de Normandie prenait fin......


Les puits de mines de May-sur-Orne, de Lorguichon et de Saint-Martin-de-Fontenay se trouvent inexploités. Le pays est en sommeil. Chacun se préoccupe de son propre salut. Les familles se rassemblent pour partir. Partir, oui, bien sûr, mais où ? Nous prenons notre chemin en contournant la ferme Fétu ; passant devant le grand moulin, nous longeons l'Orne.

À droite, la passerelle en bois qui traverse la rivière et mène à la rive gauche, là où se trouvent les déversoirs à minerai.

Sur notre gauche, la carrière de l'ouest avec ses wagonnets, et ses rails qui montent en pente raide vers le sommet. Une cabane en bois est là-haut. Nous passons devant. Des soldats (encore). Ils sont dans une petite chenillette basse. D'autres sont postés plus loin dans des trous camouflés. Nous ne restons pas à les regarder, et nous filons dans le chemin.

D'autres gens sont en route devant nous. Nous arrivons bientôt devant une galerie de mine, à flanc de coteau, fermée par une grande grille en fer. Quelques dizaines de mètres plus loin, une seconde galerie ; celle-ci est ouverte. Elle paraît occupée par des civils comme nous.

Mon père se rend à l'intérieur. Il faut nous trouver une place où nous pourrons nous installer. Au moins ici, nous ne craindrons pas les bombes ni les obus. Au bout de quelques minutes, il revient.

Il y a de la place, mais il faut faire quelque cent cinquante mètres au milieu de gens déjà installés, dont la plupart sont arrivés de Caen ou de la région proche.

Certains n'ont plus de logement, et n'ont pu emporter que quelques objets ramassés à la hâte.

Nous nous dirigeons dans ce dédale sombre. Je découvre cette mine dont on parlait tant à la maison. Éclairés par des lampes à carbure que mes parents avaient pris grand soin d'emporter, la marche est lente et incertaine. Le chemin disponible se situe entre les rails des berlines, car, sur notre droite, entassés pêle-mêle dans un mélange hétéroclite : des bagages, des ustensiles et des objets de toutes sortes. Des mères consolent leurs enfants qui pleurent, et on enveloppe des personnes âgées dans des couvertures. D'autres sont là, les yeux hagards, ne sachant que faire, et nous regardant passer.

Sur notre gauche, à quelques dizaines de centimètres des rails, il y a le ruisseau ! Nous ne savons pas son débit, mais il est important, et c'est impressionnant de sentir cette eau passer sous nos pieds, dans cette pénombre faite de lueurs étranges et d'ombres géantes qui se promènent sur les parois humides. L'eau ne coule pas que dans le canal. Elle ruisselle aussi sur les parois et tombe sur nous.

L'espace où nous arrivons s'est élargi, et nous venons de passer devant les derniers occupants qui s'organisent et se préoccupent de leur “confort”. Ils ont posé sur le sol des bourrées de bois et, par-dessus cette épaisseur de fagots qui isole du sol mouillé, ils ont disposé une botte de paille en rangs serrés ; des couvertures ou des toiles par-dessus complètent le confort pittoresque de cette équipée forcée.

Chacun cherche une place à occuper. Nous n'avons plus qu'à en faire autant. Quand je dis “nous”, c'est mon père Paul et mon grand-père Joseph qui se préoccupent de cela. Au bout d'une heure, nous sommes fin prêts à... rester là.

Les fagots ont été distribués par des gens de May-sur-Orne, ou récupérés dans les coteaux aux alentours. La paille a été apportée aussi par ces braves gens volontaires. La solidarité existe heureusement. Je tiens à ce que ce soit dit, même si c'est un peu tard, et à remercier tous ceux qui ont participé et aidé du mieux qu'ils ont pu tous les réfugiés, chassés de leurs maisons et poussés sur les routes de l'exode.

Merci à ces mineurs qui nous distribuaient le carbure nécessaire aux lampes à acétylène. Il fallait s'organiser pour vivre du mieux possible et le ravitaillement était très précaire, car les vivres s'étaient vite épuisés.

au viaduc des Bordeaux

Le Noireau est très encaissé et dominé par des hauteurs boisées, en outre les Allemands ont détruit tous les ponts. Le 15 août à l’aube, la 214th Infantry Brigade tente la traversée en plusieurs endroits, avec le soutien des mortiers et des mitrailleuses. Au nord de Berjou, près du pont de chemin de fer effondré le 29 juin 1944, les hommes du 1st Battalion The Worcestershire Regiment sont pilonnés par les Allemands de la 276. Infanterie-Division. Le Major Mowbray Morris Souper, à la tête de la D Companyy, galvanise ses hommes et force le passage. Le 5th Battalion The Duke of Cornwall’s Light Infantry suit dans la foulée. La bataille le long de la ligne Caen-Flers  touche à sa fin, les refugiés du tunnel des gouttes vont rejoindre leur habitation pour découvrir le désastre.

En gare de Laval

Comme les principales gares de la ligne Caen-Laval, la gare de Laval reçu son lot de bombardement et de destruction....

9 juin 1944, Mayenne

Mayenne, gare importante de la ligne Caen-Laval n'a guère été épargnée.

La gare est totalement détruite comme celles de Domfront, de Thury-Harcourt et de Mutrécy.

Toutes les trois  furent reconstruites dans les années 50.

Le souffle de la destruction

En gare de Mayenne, les voies vers Caen sont totalement détruites, la gare n'existe plus.

La remise à locomotives que l'on aperçoit au fond de la photo ci dessus est restée intacte ainsi que  la réserve d'eau pour les locomotives.

Pour le reste, la halle à marchandises est sévèrement  touchée, elle sera reconstruite totalement après guerre.

Quand à la voie, elle est coupée et il faudra du temps pour rétablir le passage à niveau en sortie de gare.

Service gratuit et accessible à tous

Créer un site

Au viaduc de la Rosserie

Le viaduc d'Ambrières, formé de 4 arches de 13m d'ouverture sur une hauteur de 20,66m au dessus de la Mayenne fut bombardé afin de couper le trafic ferroviaire de la ligne Domfront-Laval.

Touché sur les cotés , malgré l'intensité des attaques, il ne fut jamais détruit.

Il reste l'un des seuls viaducs de la ligne Caen-Laval à avoir conservé l'ensemble de ses arches d'origine.